De la crypto « unplugged » (et des œufs durs)

C’est en lisant L’Histoire des codes secrets de Simon Singh que j’ai appris l’existence de Giambattista Della Porta (dit aussi Giovanni Della Porta), physicien italien du XVIe siècle, également opticien, alchimiste, philosophe et cryptologue (ouf) — il est vrai qu’à l’époque, on était souvent multitâche.

Delloeufa Porta est notamment connu pour avoir inventé une méthode de stéganographie qui consiste (ou plutôt consisterait) à faire pénétrer dans la coquille d’un œuf dur une solution composée d’une pinte de vinaigre et d’une once d’alun. Le message écrit au pinceau sur la coquille à l’aide de cette « encre » se déposerait sur l’albumine, et il n’y aurait plus qu’à nettoyer les résidus à la surface de l’œuf pour faire passer un message secret à un correspondant, au beau milieu d’un panier-repas, ni vu ni connu je t’embrouille.

Avouez que c’est extraordinairement séduisant, comme méthode.

Tellement séduisant que je me voyais déjà troquer les fortune cookies contre les œufs de Della Porta à mes prochains pique-nique, et que j’avais bien envie de proposer cette ludique activité lors d’un « café vie privée », histoire de changer des ateliers « comment installer HTTPS Everywhere » ou « comment chiffrer ses e-mails ». On a aussi le droit à la confidentialité joyeuse, et puis il ne faut, en matière de communication, jamais négliger les solutions low-tech. À quoi je m’entendis répondre que ce n’était pas forcément l’idée de l’année, mais que ça ferait un atelier rigolo lors de la prochaine édition de Pas Sage en Seine, le festival de hacking parisien.

La médiation numérique, pour quoi, pour qui et comment ?

À quoi servent les espaces publics numériques (EPN)? Sur le papier, la réponse est simple : à accompagner le public vers ce qu’on appelait, dans les années 1990 (je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans…), les « nouvelles technologies de l’information et de la communication ».